Last Updated on 15 octobre 2025 by mael
Moins de deux mois après le lancement de la Switch 2, un nouveau format physique fait déjà débat : les « cartes-clés de jeu ». Présentées comme une alternative aux cartouches traditionnelles, elles suscitent autant la curiosité que la frustration chez les joueurs.
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ToggleDes boîtes… sans jeu à l’intérieur
À première vue, tout semble identique à une édition physique classique : une boîte illustrée, un support à insérer dans la console. Sauf qu’ici, la cartouche est vide. En la plaçant dans la Switch 2, elle ne lance pas le jeu, mais déclenche son téléchargement via Internet. Une connexion est donc indispensable au premier lancement, mais une fois le jeu installé, on peut y jouer hors ligne… et même revendre la cartouche.
Pour les défenseurs du format, c’est une manière de conserver un support physique tout en réduisant les coûts, surtout avec des jeux pouvant atteindre 64 Go. Produire de grosses cartouches reste cher, et cette solution permet d’alléger la facture.
Une tendance qui s’installe
Si certains éditeurs, comme CD Projekt Red avec Cyberpunk 2077, proposent encore des cartouches complètes, beaucoup adoptent déjà ces cartes-clés. Et parfois, même lorsque le jeu ne dépasse pas la capacité standard d’une cartouche.
Le dernier Nintendo Direct Partner Showcase a d’ailleurs confirmé la tendance : Monster Hunter Stories 3, Octopath Traveler 0, Star Wars Outlaws ou encore Borderlands 4 sortiront tous dans ce format, au grand dam des collectionneurs.
Le problème de la préservation des jeux
Les opposants au système pointent un risque majeur : la pérennité des titres. Une fois les serveurs de l’eShop fermés, ces cartouches deviendront inutilisables pour ceux qui n’auront pas téléchargé le jeu à temps.
À cela s’ajoute une disparité régionale : au Japon, certains titres sortent avec une cartouche complète, tandis qu’en Europe et aux États-Unis, il s’agit de versions « vides ». Et contrairement aux pratiques de Nintendo sur ses propres jeux, les prix ne sont pas toujours ajustés : l’édition « carte-clé » est souvent vendue au même tarif qu’un véritable support physique.
Une incompréhension du grand public
Autre frein : le concept reste flou pour une partie des acheteurs occasionnels. Comme le confie un responsable d’une grande chaîne spécialisée, expliquer en magasin qu’une cartouche ne contient pas le jeu en intégralité provoque souvent de l’incompréhension. Les collectionneurs, eux, boudent ce format qu’ils ne considèrent pas comme une véritable édition physique.
Une grogne qui monte
Depuis la sortie de la Switch 2, les appels au boycott se multiplient sur les réseaux sociaux. Certains joueurs invitent même la communauté à répondre à une enquête officielle lancée par Nintendo of America, considérée comme une opportunité pour exprimer leur désaccord.
De son côté, Nintendo admet être conscient des critiques et affirme travailler avec les éditeurs pour « aider à mieux vendre leurs jeux ».
Reste à savoir si la pression des joueurs fera évoluer la situation. Mais une chose est sûre : avec la généralisation des cartes-clés, la définition même du « jeu physique » est en train de changer… et tous les fans ne sont pas prêts à l’accepter.